Halte au massacre du peuple palestinien : arrêt du génocide !
Avec la jeunesse : en grève la semaine du 12/10/26

En vrai, y’a moyen de s’fâcher un tantinet…

Jeudi 10 septembre 2026

C’est reparti pour une année scolaire où on va être pas très très contents puisqu’il y a toujours beaucoup trop de méchants. C’est pas nous qu’avons commencé. Notre devoir : lutter pour l’égalité des droits, la dignité des gens ordinaires et la justice sociale. Rien que ça. Même pas peur.

Cet été, des milliers de morts dues à la canicule, des incendies partout combattus avec de trop faibles moyens matériels et humains [1], plus de 4 personnes sur 10 qui n’auront pas eu les moyens de partir en vacances, des sans-domicile qui crèvent dans les rues, … Face à cela : un président en jet-ski, une loi supplémentaire autorisant le tir pour la police, la déréglementation de l’eau pour les agriculteurs, la remise sur le marché de logements passoires thermiques, l’annonce du doublement des franchises médicales (finalement ramené à une hausse de 40% car « le doublement annoncé auparavant avait pu paraître brutal » dixit la ministre de la Santé Stéphanie Rist). Ce qui va être brutal Stéphanie, c’est quand la bourgeoisie autoritaire qui nous dirige et dont tu fais partie aura donné envie de foutre le feu aux bons endroits à suffisamment de personnes bien organisées.

En attendant, ça continue de souffrir au travail mais l’État s’en fout : le rapport de la mission d’information sénatoriale sur la souffrance psychique au travail ne sera pas rendu public. Mercredi 8 juillet 2026, au terme de quatre mois d’enquête et d’auditions, les sénateurs de la droite et du centre ont rejeté conclusions et recommandations de la rapporteure Annick Girardin. Beaucoup de personnels sont concernées mais l’État n’en a rien à faire. Pire : il ne veut pas que l’on sache. Il n’existe aucune statistique exhaustive concernant le nombre d’agents publics qui se suicident dans le cadre de leur travail alors que c’est un phénomène très répandu. Caroline Grandjean et Christine Renon en sont les deux exemples médiatisés les plus récents mais la plupart du temps, c’est l’omerta, le « pas de vagues ». Pire, l’administration publique préfère mettre en avant les raisons individuelles des suicides. On occulte, et c’est propre au capitalisme, la responsabilité collective pour mettre en avant la responsabilité de l’individu. Cela permet d’évacuer la problématique réelle, à savoir l’organisation collective qui crée de dégâts terribles parmi les fonctionnaires ou assimilés.

Les conditions de travail, parlons-en : précarisation de nos métiers, multiplication des tâches, locaux encore trop souvent inadaptés, manque de moyens matériels et humains, suppressions de classes, de postes, manque de personnels remplaçants,… Voilà déjà ce qui caractérise l’Éducation nationale depuis des années. Et si ce n’était que ça ! Mais il faut malheureusement rajouter à cela une hiérarchie qui sait user et abuser de son petit pouvoir. Chaque jour, des collègues se font malmener, humilier, menacer. Chaque jour des abus de pouvoir. Chaque jour il faut faire face aux stratégies minables des chefaillons d’autant plus efficaces que les personnes sont isolées. Pour lutter contre la hiérarchie, il est donc non seulement nécessaire de s’organiser collectivement, mais il nous faut aussi dans la vie de tous les jours sortir de notre propre isolement : une solidarité concrète, une solidarité de classe entre collègues (profs, AESH, AED, territoriaux, …). « Même lieu de travail, même syndicat ! » C’est ce que nous proposons à Lutte de Classes éducation. Cela va avec la volonté de rompre avec les habitudes de soumission face aux diverses pressions et attaques dont nous pouvons être l’objet, qu’elles viennent d’un petit chef pervers et abusif ou du ministère. Dans la pratique quotidienne, le rapport de force est largement défavorable lorsqu’un individu est isolé. La stratégie la plus efficace reste donc un subtil mélange de ténacité, de refus de plier et de solidarité à organiser. Cela représente un travail de longue haleine mais ce n’est que collectivement que nous vaincrons. Même pas peur.

Se fâcher - tract LDC éduc Gre (09.09.26)

[1] Personne n’a oublié que Macron, en 2019, a envoyé les CRS pour tabasser les pompiers mobilisés pour dénoncer le manque d’effectifs et des conditions de travail déjà difficiles.

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