Oui, Donald Trump, qui n’a rien à voir avec le sympathique canard, décide unilatéralement d’envoyer chercher un président chez lui au Vénézuela. Tout comme il décide unilatéralement d’appuyer le génocidaire Netanyahou. Tout comme il projette d’envoyer des bombes sur tous les « méchants » (comprendre ceux qui ne plient pas devant le géant Étasunien), et de s’emparer, toujours unilatéralement, de tous les territoires qui contiennent encore des ressources, particulièrement le pétrole. Certes, le caractère assumé et ouvertement outrancier de la politique trumpiste a un léger côté choquant. Disons qu’il assume ses positions et ne travaille visiblement pas dans l’industrie de la dentelle. Mais, sa politique et son comportement, sont-ils aussi uniques et si étonnants que cela, sont-ils si en rupture avec le reste ?
Jeffrey Sachs (président du Réseau des solutions pour le développement durable des Nations Unies et directeur du Centre pour le développement durable de l’Université de Columbia), lors de son intervention au cours d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations Unies, le 5 janvier, explique qu’« au cours de l’année écoulée, les États-Unis ont mené des opérations de bombardement dans sept pays, dont aucune n’a été autorisée par le Conseil de sécurité et aucune n’a été entreprise dans le cadre d’une légitime défense en vertu de la Charte. » Mais il rappelle aussi que cela fait bien longtemps que les États-Unis font ingérence et dans la vie politique du Vénézuela (depuis 2002) et de tant d’autres pays, notamment en Amérique du Sud, et qu’à chaque fois cela mène à des catastrophes humaines. Peut-être que les stratégies précédentes étaient plus discrètes, le résultat est le même. Les États-Unis sont impérialistes et ils ont les moyens à la fois de mettre en œuvre leur politique et de faire taire les éventuelles critiques, et ils ne s’en privent pas !
Mais pourquoi les autres pays ne réagissent-ils pas ? Par peur ? Par désintérêt ? Ou, tout simplement, parce que ce que fait Trump c’est le début d’une guerre qui se prépare depuis longtemps pour la prédation des ressources et dans laquelle tout le monde s’apprête à se jeter joyeusement. Y compris l’Europe avec ses grands principes mais qui s’arme jusqu’aux dents pour « sécuriser l’approvisionnement en ressources ». Il se trouve que nous sommes sur une Terre dont les ressources sont limitées peuplée d’êtres qui développent un capitalisme-industriel ultra-gourmand en ressources et qui ne connaît que l’accroissement. Pas besoin d’être grand clerc pour comprendre qu’à un moment donné il n’y en aura plus assez pour tout le monde et que les États gros bras vont jouer des muscles, et de ce qui leur reste de cerveau, pour s’emparer des ressources restantes. Persuadés qu’ils sont que leur mode de vie « n’est pas négociable », ou celui de leurs élites, quand bien même leur population s’appauvrit déjà du fait des gestions budgétaires austéritaires. Et c’est là que l’écologie devient éminemment politique.
Quant au droit international et aux résolutions de l’ONU brandies à tours de bras et dont tant réclament l’application, bien sûr qu’il est en totale faillite, ce qui se passe en Palestine en est un exemple flagrant, ce qui explique aussi pourquoi cela touche tant de gens, au-delà du caractère profondément choquant de ce qui se passe sur place. Le droit international est porté depuis toujours par ces mêmes États prédateurs qui s’en tamponnent le coquillard dès qu’il s’agit de leurs intérêts. Ce sont des grands principes que les États n’appliquent que quand ça les arrange pour pouvoir légitimement attaquer ceux qu’ils jugent être des menaces pour eux (comprendre, pour les intérêts des plus riches de ces états). Les interventions au nom de la justice cachent toujours des intérêts moins reluisants, en particulier pour des ressources. Comment la France par exemple pourrait-elle être une championne du droit international, elle qui a une politique colonialiste dans les pays dont elle tire des ressources et a encore des colonies comme la Kanaky ? Ce que fait Trump, c’est de l’assumer clairement et de déchaîner la violence de telles politiques d’accaparement.
Nous, syndicalistes Lutte de Classes, nous opposons aux politiques impérialistes sous toutes les formes, car elles entraînent la prédation des ressources, la destruction et l’exploitation des peuples et de leur environnement. Nous sommes solidaires des peuples et des travailleurs qui en font les frais. Nous nous opposons aux politiques qui mènent aux guerres, aux destructions et à notre perte, tout simplement.
Alors, les crapauds, c’est quand qu’on sort de l’eau ?
Contre tous les impérialismes